Ecole normale d'instituteurs |
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| Costume, cravate, gilet: ne nous y trompons pas, il y a dans cette petite société nombre de fils de paysans, à qui la République confie le soin d'éduquer leurs alter ego à la langue française et à la laïcité. Habile République: on n'aura jamais vu, dans ces années et ces contrées, de maître arrivant de Paris, de Lyon ou d'ailleurs. Plutôt que punir les enfants de parler leur langue meternelle, on rendait désirable le parler français, si doux, si lisse, celui des livres, celui de ce maître élégamment vêtu.
Papa n'a jamais puni un enfant qui parlait breton en classe: il rectifiait, dans un esprit, pour lui, de responsabilité, de proximité et de bienveillance. Le meuble qui donne l'heure, ce n'est pas l'"orose", mais l'"horloge". La vache ne part pas avec le vent, et on n'emmène pas les oeufs dans le panier. |
A Scrignac, on parlait breton première langue. Papa et maman ont appris le français à six ans. On ne dira jamais assez qu'une langue apprise méthodiquement est autrement mieux écrite et parlée que la langue maternelle dont on acquiert tous les relâchements, les paresses et les mauvaises tournures. Ils parlaient une langue française plus que correcte: corrigée - pas une faute d'accord, pas d'omission des doubles consonnes ou des lettres muettes, pas de subjonctif à la suite d'"après que"...
Dans le carnet de "récitations", Racine, Baudelaire, Hugo et encore Hugo, Villon, Ronsard, Chénier, Musset, Lamartine, Mallarmé. Et, de Voltaire, l'éternel:
L'autre jour au fond d'un vallon |